Que faire après ensamaa ? Poursuites d’études, métiers et salaires

Sortir de l’ENSAMAA, c’est parfois se retrouver face à une intersection où aucun panneau n’indique clairement la meilleure route. Les options, loin de se limiter à une voie unique, dessinent un paysage d’opportunités et de choix parfois inattendus.

Le DN MADE, censé supplanter certains BTS, n’empêche nullement les diplômés de bifurquer vers un BTS Design d’espace ou Design graphique. Ce détour n’est pas rare : compléter sa formation par ce biais continue d’attirer ceux qui souhaitent approfondir une spécialisation. Les portes des écoles supérieures d’arts appliqués restent aussi entrouvertes, à condition de se distinguer lors d’admissions très sélectives, même après un premier diplôme. On croise alors des profils venus du DN MADE qui frappent à la porte de Boulle, Duperré ou d’autres institutions réputées.

Quant aux salaires, l’hétérogénéité règne. Tout dépend de la spécialité choisie, du parcours, de l’établissement fréquenté. Certains diplômés se lancent directement sur le marché, souvent dans des secteurs émergents où les références salariales classiques n’existent pas encore. L’aventure commence parfois sans grille de lecture, mais avec une vraie capacité d’adaptation.

Panorama des diplômes et parcours possibles après l’ENSAMAA : du DN MADE aux écoles spécialisées

Après l’ENSAMAA, le DN MADE (diplôme national des métiers d’art et du design) offre un point de départ vers une multitude de parcours. Accessible via Parcoursup dès la sortie du bac, il propose trois années pour se spécialiser dans des domaines aussi variés que le design d’espace, le design d’objet ou encore les arts appliqués. Certains choisissent la voie de l’alternance, combinant expérience en entreprise et enseignements théoriques pour affiner leur projet professionnel.

L’entrée en école supérieure d’arts appliqués, comme Boulle, Duperré à Paris, ou encore ENSA Dijon et l’école supérieure d’art et de design de Reims, séduit de nombreux étudiants. Ces établissements, reconnus pour leur exigence, sélectionnent sur dossier artistique, motivation et singularité du parcours. Le BTS design reste aussi une option solide, notamment pour ceux qui souhaitent renforcer leur savoir-faire technique ou s’orienter vers un secteur ultra-spécialisé.

Voici un aperçu des parcours accessibles après l’ENSAMAA :

  • Rejoindre une école nationale supérieure d’architecture intérieure ou d’art, à Paris, Lyon, Strasbourg : ces cursus ouvrent vers des postes d’architecte d’intérieur ou de designer, très recherchés.
  • Intégrer un DNSEP (diplôme national supérieur d’expression plastique) dans des écoles réputées comme Nantes Atlantique ou Strasbourg, pour approfondir l’approche conceptuelle et artistique.
  • Se former via un BMA (brevet des métiers d’art), une licence professionnelle ou même un double cursus avec une école de commerce pour viser la gestion de projet ou l’entrepreneuriat créatif.

La mobilité n’a rien d’exceptionnel : nombreux sont ceux qui s’orientent vers des établissements européens, attirés par l’ouverture pédagogique de Londres, Milan ou Berlin et la portée internationale du diplôme français. Le réseau des métiers d’art et du design joue un rôle déterminant dans l’insertion professionnelle, dynamisé par les stages réalisés au cours du cursus.

Groupe de jeunes professionnels devant un bâtiment moderne

Quels métiers et niveaux de salaire viser dans le design, l’architecture d’intérieur et les métiers d’art ?

Les diplômés de l’ENSAMAA ne se cantonnent pas à un seul univers : ils investissent le design, l’architecture d’intérieur et les métiers d’art avec une aisance notable. Beaucoup s’orientent vers le métier d’architecte d’intérieur, qu’il s’agisse de concevoir des espaces résidentiels, de la scénographie, des boutiques ou des bureaux. Les agences parisiennes, lilloises ou bordelaises recrutent régulièrement ces profils, tout comme les studios spécialisés en communication visuelle ou événementiel.

Le designer s’illustre quant à lui sur des projets d’objets, de mobilier, parfois dans l’édition ou le secteur public. Les studios de création et les grandes maisons du secteur du luxe ou de la mode, en France comme à l’étranger, apprécient particulièrement la polyvalence et l’ouverture acquises en formation. Côté métiers d’art, les voies restent ouvertes : ébénisterie, céramique, verrerie permettent de s’épanouir en atelier ou de se lancer comme auteur indépendant.

Quelques repères sur les niveaux de rémunération à l’embauche :

  • Architecte d’intérieur junior : la rémunération brute annuelle se situe généralement entre 24 000 et 30 000 euros, selon l’agence et la ville.
  • Dans le design, un profil débutant peut espérer 22 000 à 28 000 euros, avec de belles progressions pour ceux qui prennent rapidement leur autonomie ou se distinguent en freelance.
  • Les métiers d’art, souvent exercés en indépendant, connaissent des revenus plus irréguliers mais offrent de vraies perspectives lors de projets d’exception ou de collaborations reconnues.

Maîtriser les outils numériques, la suite Adobe en tête, est désormais incontournable lors des recrutements. Des formations certifiantes, accessibles via le CPF, permettent de compléter son profil et de viser des postes en communication ou vidéo, des secteurs porteurs où la demande ne faiblit pas.

Au bout du compte, l’après-ENSAMAA ne rime pas avec ligne droite. Les chemins se croisent, bifurquent, se réinventent, et c’est souvent là, dans cette liberté de mouvement, que se forge la singularité d’un parcours.

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