Tribune de Solidarité étudiante et Coopaname "Penser et promouvoir un entrepreneuriat coopératif en phase avec la jeunesse"

Faites place aux jeunes dans la société !  

 Attribué    facilement    à        un        effet    de    la    crise économique, le chômage est devenu endémique : la question de la soutenabilité du modèle économique et de  la cohérence entre  les  besoins et  aspirations des   nouvelles   générations   se   fait   d’autant   plus pressante.  Dans  ce  contexte,  l’Economie  Sociale  et Solidaire (ESS) a bénéficié d’un intérêt croissant de la    part    des    moins        de    30    ans,    et    d’une reconnaissance institutionnelle consacrée par la loi sur l’ESS votée avant l’été dernier.   Par ailleurs, les dispositifs   visant   à   promouvoir   l’entrepreneuriat chez les jeunes se sont multipliés, notamment avec la création du statut d’étudiant-­‐entrepreneur et la constitution des « pôles étudiants pour l'innovation, le transfert et l'entrepreneuriat » (PEPITE).

L’entrepreneuriat : une fausse réponse au chômage
La promotion de l’entrepreneuriat ne saurait  être une réponse durable au chômage de masse qui touche les jeunes. Le statut d’entrepreneur soumet l’individu à un double isolement, économique et social. L’entrepreneur est en concurrence, « seul contre tous » et exclu des cadres de solidarité nationale (revenu minimum, indemnité chômage, protection sociale…). Quand il est jeune, il est également confronté à des problématiques propres à son âge : moindre expérience  professionnelle, faible capital disponible, difficultés à accéder au crédit, dépendance familiale, manque de culture métier…
Sans véritable dispositif d’accompagnement et de formation,  encourager  l’entrepreneuriat   constitue un pari risqué. Dans tous les cas, ces dispositifs ne suffiront pas à faire baisser le chômage et à améliorer les conditions de vie des jeunes.

L’entrepreneuriat coopératif : un fort potentiel confronté à une insuffisante reconnaissance
Et pourtant, le potentiel est là ! Le nombre de formations enseignant  l’ESS  ne  cesse  de  croître, tout comme l’intérêt des jeunes pour un emploi qui corresponde à leurs aspirations. Dans le respect des principes de l’ESS, l’entrepreneuriat coopératif permet aux jeunes de participer au renforcement d’une économie démocratique, favorisant les synergies solidaires et les coopérations tout en respectant l’autonomie de chacun. Plutôt que de s’isoler, l’entrepreneur  développe  son  projet  dans le cadre d’un collectif et à ce titre bénéficie de la protection sociale afférente. Grâce à un accompagnement collectif, des formations, du compagnonnage, des échanges entre pairs, le jeune porteur  de  projet  apprend,  créée,  initie,  innove  et s’émancipe. La richesse produite ne rémunère  pas une structure  managériale  ou  un  actionnaire,  mais le travail réalisé et la continuité d’un projet cohérent, entre des besoins, des principes et des aspirations.
Au quotidien les  jeunes  entreprennent spontanément en coopération, à travers des structures de l’ESS : associations,  coopératives ONG….
L’entrepreneuriat coopératif des jeunes souffre néanmoins d’un déficit général de reconnaissance sociale : il est méconnu  des  politiques  publiques, qui s’évertuent à promouvoir et renforcer un système dont le fonctionnement et les effets ne bénéficient, ni aux nouvelles générations, ni à leur avenir.

Penser une société par et pour les jeunes : construire une politique favorisant l’entrepreneuriat  coopératif
Il faut soutenir les jeunes qui créent des activités économiques répondant à leurs besoins et à leurs aspirations à travers un entrepreneuriat coopératif démocratique, inclusif et durable.

Le premier levier est l’encouragement et la promotion des démarches d’entrepreneuriat coopératif, en adaptant les dispositifs universitaires de promotion et d’accompagnement aux valeurs, aux principes et aux formes de l’ESS.

Le  second  levier  est  constitué  des  dispositifs publics de soutien aux entreprises. Le pacte  de responsabilité, plutôt que de soutenir ceux qui prônent la casse des protections sociales devrait appuyer les entreprises responsables et donc les jeunes entrepreneurs qui créent des emplois locaux et répondent aux besoins des usagers.

Le troisième levier enfin est l’intercoopération. Il va de la responsabilité des organisations de l’ESS de mettre en place des moyens permettant aux jeunes d’accéder et d’impulser une nouvelle dynamique au sein des instances décisionnelles  et  de  développer les liens avec les organisations de jeunes.

Premiers signataires :

Jean-Claude Detilleux, président de Coop FR
Nicolas Mérigot, vice-président de l'UCPA
Jean-Louis Bancel, président du Crédit coopératif
Anne-Cécile Dockès, présidente de Seve
Jean-Philippe Poulnot, président de la fondation Groupe Chèque Déjeuner
Oriane Cébile, présidente du Refedd
Dominique Babilotte, PDG de Coopérer pour entreprendre
Olivier Boned, président du CJDES.

 

Premiers signataires :

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